17ème dimanche du temps ordinaire – 26 juillet 2026

Dans Homélies

Homélie, 17e dimanche du temps ordinaire (Mt 13, 44-52)

Aujourd’hui Jackpot !

Qui n’a jamais rêvé de trouver un trésor, de gagner un bien rare, une perle unique ? Le royaume de Dieu, c’est plus qu’un rêve, c’est ce désir en cours d’accomplissement, de trouver l’unique en tout et en tous.

Depuis quelques semaines, nous avons entrepris un chemin à travers les paraboles du royaume de Dieu :

  • Celle du semeur : notre réception de la parole de Dieu,
  • Celle de lampe et le levain : comment je la porte en mon cœur,
  • Et aujourd’hui, la place qu’elle prend dans ma vie, et mon désir de voir ce royaume advenir.

Or, dans le texte d’aujourd’hui, ce n’est pas le fait d’être gagnant qui est mis en avant, mais celui d’être des collectionneurs.

Des collectionneurs qui ont trouvé la pièce la plus précieuse de leur collection,  et leur cœur déborde de joie.  C’est cette découverte qui prend toute la place dans leur vie.

Ce joyau, qui nous emplit, c’est le royaume de Dieu : à la fois déjà présent et en devenir. C’est l’amour, la présence de Dieu pour chacun d’entre nous. Il m’aime comme je suis, mais il prend la place que je Lui laisse.

Il est à la fois ce trésor caché et cette perle rare, visible de tous.

Le royaume de Dieu est à la fois présent dans l’invisible de mon cœur et dans le visible aux yeux de tous.

Lorsque j’avais 20 ans, je suis parti en retraite au centre de la France et  je suis tombé gravement malade. Quand je ne dormais pas, je faisais le point sur ma vie. 

Ce qui en ressortait, c’étaient ces temps  emplis d’attention et d’amour… et malheureusement, fort peu nombreux. Comme le disait sainte Thérèse de Lisieux : « Au soir de la vie, nous serons jugés sur l’amour. » Ce qui est précieux dans nos vies, il faut lui donner de la place et du temps.

Aujourd’hui, les trois lettres sont : CRL. Nous avons commencé à voir la première :

C pour Collectionneur.

Comme exemple de collectionneur, je vous partage l’écrit de Sainte Gertrude d’Helfta, moniale du XIIIe siècle, dans Le Héraut de l’Amour divin (ou en chant) :

« Vers Toi, Vie de mon âme, vers Toi se tourne mon cœur, Qu’une force d’ardent amour a fondu en un seul désir. S’il se porte vers un autre hors de Toi, Qu’il soit aussitôt sans vie. Car en Toi est l’éclat de toutes les couleurs, La saveur de tous les goûts, Le parfum de toutes les odeurs, Le charme de toutes les harmonies, La fraîche suavité des intimes étreintes. Tu es perle féconde, richesse de l’humanité, Ouvrier d’infini savoir, Maître d’infinie patience, Conseiller d’infinie sagesse, Gardien d’infinie dévouement, Ami d’infinie fidélité. »

Mais cette perle est particulière : elle efface tout le reste, elle est exclusive. Il faut renoncer à tout le reste. « Il vend tout ce qu’il possède. » Il y a des renoncements plus ou moins faciles, plus ou moins volontaires : la maladie, la sienne ou celle d’un proche, la vieillesse, la recherche de grandeur ou de reconnaissance…

Ici c’est plus qu’un renoncement subi, c’est un renoncement volontaire, pour ne plus penser qu’à ce joyau. Comme un collectionneur qui prend soin d’entretenir sa collection, qui en partage la beauté. Et cette beauté, c’est l’amour de Dieu pour nous, qu’Il nous transmet chaque jour par sa parole et par les sacrements.

R pour Renoncer

Même si ces deux paraboles nous mènent vers une action exclusive et sublime — goûter l’amour de Dieu —, en nous donnant d’abord le but : « le bonheur d’être avec Dieu », puis le moyen : « le renoncement », elles ne sont pas statiques. Elles amorcent un mouvement, celui de la troisième parabole.

Ce mouvement est empli des réalités de notre quotidien. Vous vous souvenez de celle-ci ? Rappelez-vous : Jésus est sur la barque quand Il fait ces paraboles. Lancer les filets pour en sortir du bon et du moins bon… Dur retour à la réalité à la suite de la découverte qui nous habite, mais quelle joie d’être habité et désencombré ! Lancer les filets, se lancer.

Pour résumer, le royaume de Dieu, c’est : “Tu y vas comme porteur du Christ en toi. L’important, ce n’est pas le tri — ça, c’est pour les anges —, mais d’y aller, de lancer le filet.”

Je nous invite, en ces temps de vacances, ou pour ceux qui sont au travail — un temps où c’est généralement moins chargé —, à nourrir cette joie, ce désir d’être avec Dieu dans nos vies, de le transmettre aux autres par un sourire, un regard.

À prendre le temps à chaque moment de la journée de retrouver cette perle et de lui donner du temps. Oui c’est bien à chaque moment de pleine conscience qu’il serait bien de revenir à ce trésor.

Je terminerai par la prière du pape Léon XIV à Marie, dans Magnifique humanité : « Avec la même foi que Marie, devenons des tisseurs d’espérance dans notre monde, en partageant ce que nous sommes et ce que nous avons, afin que la présence de Jésus grandisse au milieu de nous et que son Royaume prenne forme. […] Le Seigneur continue de faire toutes choses nouvelles et maintient ouverte, pour chaque époque, la possibilité de devenir une histoire de salut à la lumière de l’Incarnation. »

Collectionneur de l’unique. 

Renoncement. 

Lancer les filets.

Cyril MALECOT
Diacre du Diocèse de Lyon

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