La Sainte Famille – 29 décembre 2019

Dans Homélies

Commentaire des lectures liturgiques de ce dimanche 29 décembre

La liturgie d’aujourd’hui nous invite à contempler la Sainte Famille, et par là-même nous invite à vivre nous-même cette sainteté dans nos familles. Aujourd’hui, nos familles sont diverses : famille nucléaire, familles désunies, familles recomposées, famille solo ou famille nombreuse ; tous nous sommes invités à vivre cette « sainteté » quelle que soit notre famille.

Les textes nous parlant de la sainte famille ne sont pas si nombreux (uniquement l’évangile de Matthieu et surtout celui de Luc) : de la visitation de l’ange à Marie lui annonçant qu’elle sera mère d’un enfant qu’elle appellera « JÉSUS » c’est-à-dire « Dieu sauve » au seul récit de l’Enfance de Jésus où nous voyons Marie et Joseph, parents inquiets de ne pas retrouver leur fils dans la caravane de pèlerins (situation ô combien humaine et proche de nous), en passant par les textes de la naissance de Jésus, la visite des berger et des mages, la fuite en Égypte (qui est l’Évangile de ce jour) et la présentation de Jésus au temple (je rajouterai Cana où Marie accompagne son fils à des noces), qu’est ce que je retiens de cette lecture de ces quelques textes ; je retiens 4 éléments :

  • La confiance
  • Le sens des responsabilités
  • La louange
  • La méditation (que l’on pourrait aussi appeler aujourd’hui : la relecture de vie)

Tout d’abord la confiance :

  • Confiance en Dieu : Marie comme Joseph reçoivent la parole de Dieu et lui font confiance. Marie reçoit l’annonce de sa maternité et l’accueille malgré l’incongruité de la situation par rapport aux réalités humaines. De même, Joseph a su discerner quel était son chemin de vie en accueillant Marie sa fiancée enceinte, au lieu de la répudier et de la jeter à l’opprobre publique.
  • Confiance de Marie et Joseph en leur fils : ils laissent libres Jésus aller et venir « croient ils » dans la colonne des pèlerins qui reviennent de Jérusalem, ce qui n’empêche pas une légitime inquiétude quand ils ne l’y trouvent pas
  • Confiance de Marie en son fils à Cana où elle dit aux serviteurs « faites ce qu’il vous dira ».

Récemment, je demandais à une catéchumène ce qui depuis son début de chemin vers le baptême avait changé pour elle : elle m’a répondu, « je sais que je peux m’adresser à Dieu et qu’il peut me combler de bienfaits : par exemple, quand je n’ai plus eu assez d’argent pour faire manger mon enfant, je lui ai confié mon accablement et une rencontre m’a permis de résoudre mon problème ». Quelle belle confiance en Dieu !

Et nous, savons-nous faire confiance quand nous sommes complètement submergés par la fatigue, les multiples tâches de la vie familiale, quand notre enfant nous déconcerte par ses choix, ses révoltes et revendications, ses doutes et indécisions, son apathie, quand notre conjoint semble lointain, hésitant, déprimé …

Savons-nous confier à Dieu nos inquiétudes et lui demander son aide pour discerner ce qui chez notre conjoint, notre enfant, notre proche est à valoriser pour lui permettre de suivre sa voie ?

2- Sens des responsabilités ; Joseph a su prendre ses responsabilités quand il a fallu décider de prendre sa fiancée enceinte comme épouse malgré son incompréhension de la situation et la fait que la situation soit complètement a-normale pour ceux qui suivent les règles; de même dans l’évangile d’aujourd’hui, Joseph prend ses responsabilités quand il faut fuir pour mettre à l’abri de la jalousie d’Hérode, sa femme et son fils  puis trouver un lieu sûr  pour faire vivre sa famille, pour un lieu qui n’était peut-être pas celui auquel il pensait.

Il n’est pas toujours facile de faire des choix personnels qui seront parfois en tension avec la vie familiale. Je pense par exemple lors de choix professionnels qui peuvent impacter plus ou moins la vie familiale.

3- Louange : Marie rend grâce pour les bienfaits de Dieu « mon âme exalte le Seigneur, exulte mon Esprit en Dieu mon Sauveur ». Pour moi, savoir louer et remercier Dieu pour sa famille est essentielle : Quand mes enfants étaient petits, je passais vers chacun d’eux une fois endormis et je remerciais  Dieu de cette merveille qu’était chacun. Mais il est parfois plus difficile quand les enfants grandissent de continuer à rendre grâce, et pourtant que de belles choses sont encore vécues malgré les déchirures, les incompréhensions…

Savons-nous rendre grâce à Dieu devant une naissance ? quand un enfant franchit une étape difficile ?, quand la famille vit un temps de plénitude ? quand une bonne nouvelle  vient réchauffer le cœur de l’un ou l’autre ? quand le ciel s’éclaircit après une période d’inquiétude, de doutes ou de souffrance ?

4- Méditation : après la visite des bergers, Luc nous dit « quant à Marie elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur » et plus loin, après le pèlerinage à Jerusalem, quand Jésus leur a rappelé qu’il devait « être aux affaires de son père » Luc nous redit que Marie « sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur ».

Ce n’est pas si simple d’accueillir la remarque d’un enfant ou d’un conjoint sans répliquer ! Il faut alors accepter de se remettre en question, sans pour autant culpabiliser. Il n’est pas toujours évident dans notre vie de famille de prendre du temps seul, en couple, ou famille, afin de relire sous le regard de Dieu ce qui est vécu ensemble pour s’en nourrir ou pour « corriger  le tir ».

Les deux lectures qui précèdent l’évangile d’aujourd’hui nous donnent des clés pour avancer en famille vers la « sainteté » :

Ben Sirah le sage, à une époque,  finalement assez proche de la nôtre, où la famille traditionnelle était malmenée, rappelle comment se comporter, comme enfants avec indulgence, respect, attention…(mais cela peut aussi se rapporter aux parents ou aux frères et sœurs).

Enfin, Paul dans sa lettre aux Colossiens va plus loin ; non seulement, il nous dit qu’il faut avoir des trésors de patience, de douceur, de miséricorde pour pardonner,  mais avant tout, il faut donner tout l’Amour possible et faire régner la Paix EN SOI et en nos communautés de vie (famille ou autres communautés). Pas l’un sans l’autre, mais l’un et l’autre, indissociable. Cela fait écho à une autre lettre de Paul (1ère aux  corinthiens ») dans ce fameux hymne à l’Amour, qui est choisi si fréquemment lors des célébrations de mariage « Si je n’ai pas l’Amour, cela ne me sert à rien » et plus loin il décline les vertus de l’Amour « l’amour prend patience, l’amour ne jalouse pas , il ne se gonfle pas d’orgueil… »  et il termine par « l’Amour ne passera jamais ».

Martine Hours

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