Homélie pour la Pentecôte – 24 mai 2026
Homélie pour la Pentecôte, 24 mai 2026 (Jn 20, 19-23)
Je vous partage un agacement, le fait que l’on mette l’Esprit Saint à toutes les sauces.
Il est un mot à la mode, une coquetterie, une manière de valider ce que l’on pense ou ce que l’on va faire.
(Dans l’émission Koh Lanta que je ne regarde pas Il y a parait-il un collier d’immunité qui protège le candidat. Quand nous mettons quelque part dans une phrase le mot Esprit Saint, nous sommes sous immunité. Personne ne peut pas me contredire.)
Or l’Esprit Saint n’est pas une amulette. C’est sérieux. Il n’y a pas de vie chrétienne sans l’Esprit Saint.
Donnons-nous en s’appuyant sur les textes du jour des critères de discernement de l’Esprit Saint.
Je tente même de répondre à la question : Qui est l’Esprit Saint avec Saint Irénée ?
Il nous dit grosso modo que l’Esprit est descendu dans le fils de Dieu devenu le fils de l’homme pour s’habituer avec lui à habiter le genre humain. Et dans un 2e temps le Seigneur a promis d’envoyer l’Esprit pour qu’il nous adapte à Dieu.
Dit autrement Qui est le Saint Esprit ? C’est celui qui est descendu dans le fils de Dieu pour lui permettre d’accomplir sa mission et celui qui remplit les apôtres pour accomplir la même mission, révéler l’œuvre de Dieu à l’humanité. Travail subtil, patient.
2) C’est une œuvre de discernement.
Que dit saint Jean : « De même que le Père m’a envoyé moi aussi je vous envoie. Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettrez ses péchés, Ils seront remis. A qui vous les maintiendrez, ils seront maintenus.»
Remettre ou maintenir est comparable à un professeur qui a comme objectif de bien former ses étudiants. Pour atteindre cet objectif parfois il relèvera ce qui est juste bon et vrai dans le travail de ses élèves. Et parfois Il fera remarquer leurs fautes, leurs erreurs. Les 2 sont nécessaires, remettre ou maintenir pour progresser.
Ce discernement n’est jamais fini. Est-ce que j’ai trouvé la bonne manière de faire ? Est-ce que j’ai été pertinent ou pas pertinent ? Là est le travail de discernement de l’Esprit Saint.
3) Si nous sommes des professeurs, nous avons la responsabilité personnelle de toujours mieux comprendre l’Esprit Saint.
Je vous propose de résoudre dans la prière et la méditation une équation à une inconnue :
Saint Paul nous dit : « Personne n’est capable de dire “Jésus est Seigneur” sinon dans l’Esprit Saint. » (1Co 12,3). Je connais celui qui dit Jésus est Seigneur. Je sais que je ne peux le dire que dans l’Esprit Saint. Accueillons l’inconnu qui est l’Esprit.
4) Je me risque maintenant à une acrobatie. Pour montrer concrètement comment être rempli de l’Esprit a des conséquences sociales.
Les apôtres sont remplis de l’Esprit qui leur permet de s’exprimer selon le don de l’esprit. Ce qu’ils disent est compris par des personnes venant d’horizons très différents chacun dans sa propre langue.
Conséquence ecclésiale mais aussi sociale. Mon rapport à l’étranger ne peut pas être seulement « Il doit apprendre le français. » parce qu’il est en France. Il doit être aussi : je vais te parler de manière à ce que tu puisses me comprendre dans ta prendre langue.
5) C’est le même la même logique, le même Esprit qui conduit les propos de Paul sur la diversité des dons.
Les dons de la grâce sont variés mais c’est le même Esprit, les services sont variés mais c’est le même Seigneur. A chacun est donné la manifestation de l’Esprit en vue du bien du corps entier.
L’Esprit rend possible une unité qui est faite de la diversité de chacun.
Le scénario de l’armée des clones dans Star Wars n’est pas compatible avec la vie dans l’Esprit. Le corps de l’Église est riche de la diversité de ses membres C’est ce que l’Esprit rend possible.
Je termine par la très belle soirée que nous avons vécu à Saint-François Régis.
La chorale syriaque de l’Église Orthodoxe a fait entendre le message de l’Évangile. Le cœur œcuménique du diocèse de Lyon a fait entendre le message de l’Évangile. Chacun dans sa langue. Nous n’avons pas pris de risque, tout était traduit en français et projeté…
C’était une belle soirée Pentecôte
Bruno MILLEVOYE, Prêtre du diocèse de Lyon