Dimanche de Pâques – 5 avril 2026
Homélie pour le dimanche de Pâques, 5 avril 2026
« Là où il passait, il faisait le bien » (Act 10, 38). C’est ce que Pierre dit de Jésus à Corneille le centurion Romain.
S’il lui dit cela, c’est parce qu’il est porté par une conviction, une immense confiance que nous appelons la foi, que ce Jésus qui a vécu en faisant le bien l’a fait jusqu’à la mort et Dieu l’a ressuscité. Il est vivant
Je voudrais avec vous m’expliquer sur cette foi, notre foi qui nous fait professer que Jésus, celui qui passait en faisait le bien, Dieu l’a ressuscité. Il est vivant.
Pour cela, nous allons suivre Marie-Madeleine, Marie de Magdala la première apôtre de Jésus.
C’est l’une d’entre nous. Son ami, son seigneur est mort. Alors, elle va au tombeau de grand matin pour prendre soin de lui comme nous prenons soin de nos morts. Nous préparons les funérailles, nous célébrons les funérailles jusqu’à les accompagner au cimetière.
Or, elle aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. C’est par ce regard sur une pierre qui n’est plus là que nous rejoignons la foi dont je veux vous parler ce matin, la foi qui nous réunit.
Alors elle va trouver Simon Pierre et l’autre disciple que Jésus aimait : « On a enlevé le seigneur de son tombeau ».
Alors Simon Pierre et l’autre disciple se mettent à courir comme Marie Madeleine a couru.
Et puis l’un court plus vite que l’autre et arrive en premier au tombeau, se penche.
Il aperçoit, comme Marie a aperçu, il aperçoit à l’intérieur du tombeau les linges qui sont posés à plat mais ne rentre pas.
L’autre disciple le rejoint et entre dans le tombeau, et il aperçoit aussi les linges et un linge particulier qui a enveloppé le visage de Jésus, le suaire.
À nouveau un signe comme la pierre qui a été enlevée. Et la même interrogation que Marie.
L’autre disciple finalement entre. Il voit et il croit.
Terminé, l’affaire est pliée. A nous de dire religieusement le credo à la messe le dimanche… Mais pas du tout.
Les disciples n’ont pas compris encore que selon les écritures…
Mais portés par cette première conviction, ils reprennent leur course et rejoignent leurs compagnons. Marie Madeleine dans l’épisode qui suit reconnaîtra Jésus dans le jardin.
Les disciples malgré le témoignage de Simon Pierre et du disciple que Jésus aimait s’enferment. Ils reconnaîtront Jésus mais pas Thomas qui était absent. Qui finalement reconnaîtra Jésus. Jésus pourra alors lui dire heureux ceux qui croient sans avoir vu.
L’évangile de Jean se termine en précisant que tout cela a été fait pour que nous croyons c’est-à-dire que nous regardions, que nous nous interrogions, que nous courrions…chacun à sa vitesse portée par l’amour de celui qui passait en faisant le bien, convaincu que celui qui était mort Dieu l’a ressuscité.
Notre foi est un mouvement permanent initié par le regard que nous avons sur la réalité, soutenu par ce que les Écritures nous apprennent du Christ, celui qui passait en faisant le bien, conforté par les témoignages.
Notre foi est une course jamais terminée.
Alors il est bon de s’arrêter ensemble le dimanche pour l’exprimer, la célébrer puis nous remettre en route, conduits par l’Esprit de Jésus qui l’a conduit à faire le bien partout où il passait.
On ne croit jamais mal. Je pense même que l’alternative ‘croire ou ne pas croire’ n’est pas intéressante. L’alternative, le choix à faire c’est : est-ce que je bouge 🏃 où est ce que je suis arrêté 🧍♀️ ?
Et j’ose dire qu’on peut être arrêté en affirmant la résurrection du Christ. Mais quelle valeur cela a-t-il si nous ne sommes pas en mouvement si nous ne sommes pas portés par notre désir de suivre Jésus, Celui qui partout où il passait faisait le bien ?
Oui, croire s’est se mettre en mouvement, regarder, s’interroger, courir, écouter les Écritures, partager avec des frères et des sœurs.
C’est la raison d’être de notre paroisse. C’est la raison d’être de nos rendez-vous du dimanche. S’arrêter, professer notre foi et repartir forts de cette conviction qui est une bonne nouvelle et notre joie : Celui qui est mort par amour pour les hommes, Dieu l’a ressuscité. Il est vivant.
Bruno MILLEVOYE
Prêtre du Diocèse de Lyon